Il est évident que le son et
l'image ne doivent pas être analysés sous l'angle de
la dominance ou de l'asservissement de l'un ou de l'autre. Son et
image sont dans une relation dialectique complexe. Le son peut ajouter
plusieurs dimensions supplémentaires, allant jusqu'à
la possibilité de sculpter des espaces intangibles, comme le
propose Max Neuhaus (cité par Bosseur, 1993). Il ne s'agit
donc pas d'organiser le son pour servir l'image ou l'inverse, mais
bien de manipuler ces deux dimensions perceptuelles de façon
concomitante afin de servir le propos. Le défi ici est de bien
gérer les aspects plus évanescents et moins facilement
"organisables" du son. Le son n'est pas que le support de
l'image, mais son intégration dans un système cohérent
de significations semble plus difficile à réaliser.
Par le biais de la vidéo et
de la trame sonore, il m'est possible de fixer sur support magnétique
et de manipuler par la suite des images, des bruits et des sons musicaux
générés lors d'interactions verbales et non verbales.
Ces interactions à niveaux multiples et leur manipulation subséquente
deviennent à leur tour des moyens de mise en relation avec
les spectateurs potentiels. Le fait d'isoler, de modifier, puis de
combiner les dimensions sonores et visuelles permet de stimuler l'affect
du spectateur compte tenu des différences individuelles existant
au plan des modes perceptifs et de la possible prépondérance
d'une dimension sur l'autre. La distinction temporaire entre la perception
auditive et visuelle, entre la vision et l'audition permet de mettre
en scène des états de tension et de détente générant
un espace-temps vidéographique. La coexistence conflictuelle
du sonore et du visuel constitue une condition pour explorer le corps
contemporain et sa relation à l'autre.
Vous pouvez également
lire un texte de Jean
Gagnon.